Jusqu'en 1823-24, il existait la commune de l'Oiselière dont l'église, Saint Nicolas de Canterbury, se trouvait sur le territoire de La Remuée, à l'angle Sud-Ouest des D.34 et D.112, près de la maison de Mme Fréret (ancien presbytère) qui appartenait encore tout dernièrement à la famille AUBIN.
Fait unique dans le canton, cette commune fut, non pas rattachée à une autre, mais partagée entre La Remuée (qui en prit la moitié), Les Trois-Pierres et St-Romain-de-Colbosc.
Est-ce parce qu'elle était la plus importante (après St Jean d'Abbetot) des neuf communes supprimées dans le canton à cette époque ?
Toujours est-il qu'elle garde son église qui s'appelait Saint Nicolas de Canterbury plus longtemps que les autres. Le choeur en fut, toutefois, abattu en 1842, mais ce n'est qu'après la grande guerre, que Mr Léon Houllemare, maçon de la commune, fut chargé de démolir nef et clocher, qui dataient du XVIIIme siècle (le choeur était roman).
Les pierres de la nef ont servi à agrandir l'hôpital de St-Romain, mais nous avons retrouvé chez un particulier, la statue, très mutilée. Dieu lui-même, représenté sous les formes traditionnelles de la Sainte Trinité. (Mais, hélas, cette statue a perdu la tête puisque cette dernière a été volée). il est d'ailleurs intéressant de noter que cette statue est érigée dans une propriété qui appartenait auparavant à l'abbaye de Valmont. Des soeurs y vivaient.
Au dos de cette statue, l'on peut encore lire une inscription votive :"Hid Jaceo eb anno 1777. Lanfray curé du lieu"
Une statue mystérieuse : Telle quelle, cette inscription laisse à penser que la statue était plaçée sur la tombe de l'abbé Lanfray, comme celà s'est vu ailleurs pour d'autres tombes. Or, Nicolas Lanfray, curé de L'Oiselière depuis 1749, a dû émigrer, en 1793 (il n'était donc pas mort !), malgré les démarches de ses ouailles. On peut donc supposer que ce bon vieux curé ne savait pas trop bien le latin, et qu'il a remplacé un mot par un autre, en érigeant cette statue dans son église. L'Oiselière (ou Loiselières), qui fut Avicufarlu, et même La Loiselière, portait donc un nom sans mystère, qui n'a que peu varié, sauf pendant la Révolution ("La Fraternité").
Son église fut d'abord dédiée à Saint Thomas de Cantorbery, comme celle d'Estouteville, qui relevait de cette abbaye anglaise. C'est au XVIIIème siècle que l'on trouve la mention de la Sainte Trinité comme patronyme.
Notons que cette paroisse, dépendant de l'abbaye de Valmont, était trop pauvre pour se payer une école.
Quant aux seigneurs du lieu, nous n'avons découvert que Robert Oursel (protestant), sieur de l'Oiselière en 1610.
Les De Civille, autres seigneurs protestants, châtelains de Rame depuis 1661, (après les Martel), habitaient à Loiselières, sans doute dans le manoir qui existe encore, au bord de la RN 13 bis, mais sur le territoire des Trois-Pierres.
Enfin, un ministre plénipotentiaire vécut longtemps à L'oiselière et fut enterré dans le cimetière protestant des Trois Pierres.
Plus récemment, alors Président de la République, Monsieur René COTY, accompagné de sa femme, venait régulièrement rendre visite à la propriétaire des lieux.
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